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| Auteur: Lauren Weisberg Titre: Le Diable s'habille en Prada Editions: Fleuve Noir Date de sortie: 2004 Genre: Chick-lit Nombre de pages (environ): 500 Statut: duologie complète |
Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place ! Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère. Leurs raisons de vivre ? Répondre à TOUTES les angoisses existentielles de la déesse Miranda. Justement, cette dernière vient de trouver une nouvelle victime de la mode : " An-dre-ââ "...
C'est une bonne surprise
pour moi qui ne suis pas une fan de chick-lit
La chick-lit, ce n'est pas
vraiment mon truc. Mais ayant apprécié le film, j'ai voulu donner
sa chance au roman. Et je n'ai pas été déçue.
Nous partageons les pensées
d'Andrea, que j'ai apprécié parce qu'elle a du caractère. Elle ne
connaît rien à la mode et n'en a rien à faire. Pourtant elle se
retrouve à travailler pour Runway, l'un des plus grands magazines du
milieu, alors que son rêve est d'écrire pour le New Yorker. Quelle
chance elle a d'être l'assistante personnelle de Miranda Priestly :
« des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa
place ! » Mais Andrea n'est pas comme les autres et elle
fait tache dans ce monde qui n'est pas le sien. Une grosse part de
l'humour du livre réside dans le décalage entre Andrea et les
employés du prestigieux magazine. À travers ses nombreux faux pas,
nous apprenons quels sont les codes qui régissent cet univers
impitoyable. On ressent que l'auteur maîtrise parfaitement son
sujet (elle a d'ailleurs été personnelle d'Anna Wintour) cependant
le seul bémol du roman est que je trouve ça trop généralisé :
commères – anorexiques – homosexuels sont les catégories qui
constituent les équipes de la rédaction. Les pages sont ponctuées
de marques de luxe et de descriptions détaillées de tenues et
d'articles vestimentaires. Au lieu que ce soit lassant ou
superficiel, cela nous immerge dans ce monde hostile d'apparences,
d'hypocrisie, d’exigence et d'excès. Comme c'est effrayant de
constater que certaines personnes sont tellement riches qu'elles en
perdent la valeur de l'argent.
Si Andra est le personnage
principal, Miranda Priestly est aussi essentielle au roman. J'avais
quelques doutes quant à son personnage, craignant que son caractère
odieux ne soit pas exploité à fond. Mes crainte se sont rapidement envolées, cet aspect est poussé jusqu'au bout : c'est la
méchanceté incarnée. Qu'est-ce que j'ai aimé la détester !
Cette reine de la mauvaise foi m'a autant amusée que scandalisée.
J'ai compatis avec Andrea, tout au long de son chemin semé
d'embûches. J'ai partagé ses angoisses suite à l'énième sonnerie
de téléphone qui retentit incessamment, n'importe quand ; puis
sa consternation en apprenant une autre requête impossible après
avoir décroché. Non seulement Miranda est odieuse envers Andrea (et
les gens en général) mais en plus elle transforme sa vie en
cauchemar. Elle règne en maître, d'une main de fer. À la fois
crainte et adulée, elle traite ses employés comme des moins que
rien qui se doivent d'être à sa merci vingt-quatre heures sur
vingt-quatre. Elle les humilie et les a à l'usure, ce qui témoigne
de sa profonde méchanceté.
Le roman se déroule sur un
an, ce qui nous permet de constater pas à pas l'évolution d'Andrea.
Sans s'en rendre compte, elle devient ce qu'elle a toujours refusé
d'être : une parfaite fille de Runway. On voit comme cela
impacte sa vie sociale et les relations qu'elle entretient avec ses
proches qui font de son mieux pour la soutenir, j'ai d'ailleurs eu un
coup de cœur pour Alex. Andrea est souvent dans le déni (notamment
par rapport à l'inquiétante attitude de sa meilleure amie) et on
constate que son travail et Miranda la bouffent et que sa situation
semble sans issue. Elle en vient à ne plus dormir, à ne plus
manger, à ne plus vivre.
Ce roman m'a fait rire et je
le conseille même à ceux qui, comme moi, sont réticents à l'idée
de lire de la chick-lit Je pense qu'au-delà de faire de l'humour, la
visée du livre est aussi de critiquer le milieu de la mode qui, s'il
peut nous fasciner par certains aspects, nous dégoûte par d'autres
aspects.
Une autre question se pose :
la fin justifie-t-elle toujours les moyens ? Après cette
agréable lecture, je dirai que non : atteindre ses objectifs à
tout prix ne vaut pas la peine quand il y a trop à perdre.
C'est un 7/10.
Tome suivant: Vengeance en Prada - Le retour du Diable



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