jeudi 29 octobre 2015

Le Diable s'habille en Prada, T.1

Auteur: Lauren Weisberg
Titre: Le Diable s'habille en Prada
Editions: Fleuve Noir
Date de sortie: 2004
Genre: Chick-lit
Nombre de pages (environ): 500
Statut: duologie complète



Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place ! Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère. Leurs raisons de vivre ? Répondre à TOUTES les angoisses existentielles de la déesse Miranda. Justement, cette dernière vient de trouver une nouvelle victime de la mode : " An-dre-ââ "...




C'est une bonne surprise pour moi qui ne suis pas une fan de chick-lit

La chick-lit, ce n'est pas vraiment mon truc. Mais ayant apprécié le film, j'ai voulu donner sa chance au roman. Et je n'ai pas été déçue.

Nous partageons les pensées d'Andrea, que j'ai apprécié parce qu'elle a du caractère. Elle ne connaît rien à la mode et n'en a rien à faire. Pourtant elle se retrouve à travailler pour Runway, l'un des plus grands magazines du milieu, alors que son rêve est d'écrire pour le New Yorker. Quelle chance elle a d'être l'assistante personnelle de Miranda Priestly : « des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place ! » Mais Andrea n'est pas comme les autres et elle fait tache dans ce monde qui n'est pas le sien. Une grosse part de l'humour du livre réside dans le décalage entre Andrea et les employés du prestigieux magazine. À travers ses nombreux faux pas, nous apprenons quels sont les codes qui régissent cet univers impitoyable. On ressent que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet (elle a d'ailleurs été personnelle d'Anna Wintour) cependant le seul bémol du roman est que je trouve ça trop généralisé : commères – anorexiques – homosexuels sont les catégories qui constituent les équipes de la rédaction. Les pages sont ponctuées de marques de luxe et de descriptions détaillées de tenues et d'articles vestimentaires. Au lieu que ce soit lassant ou superficiel, cela nous immerge dans ce monde hostile d'apparences, d'hypocrisie, d’exigence et d'excès. Comme c'est effrayant de constater que certaines personnes sont tellement riches qu'elles en perdent la valeur de l'argent.

Si Andra est le personnage principal, Miranda Priestly est aussi essentielle au roman. J'avais quelques doutes quant à son personnage, craignant que son caractère odieux ne soit pas exploité à fond. Mes crainte se sont rapidement envolées, cet aspect est poussé jusqu'au bout : c'est la méchanceté incarnée. Qu'est-ce que j'ai aimé la détester ! Cette reine de la mauvaise foi m'a autant amusée que scandalisée. J'ai compatis avec Andrea, tout au long de son chemin semé d'embûches. J'ai partagé ses angoisses suite à l'énième sonnerie de téléphone qui retentit incessamment, n'importe quand ; puis sa consternation en apprenant une autre requête impossible après avoir décroché. Non seulement Miranda est odieuse envers Andrea (et les gens en général) mais en plus elle transforme sa vie en cauchemar. Elle règne en maître, d'une main de fer. À la fois crainte et adulée, elle traite ses employés comme des moins que rien qui se doivent d'être à sa merci vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle les humilie et les a à l'usure, ce qui témoigne de sa profonde méchanceté.

Le roman se déroule sur un an, ce qui nous permet de constater pas à pas l'évolution d'Andrea. Sans s'en rendre compte, elle devient ce qu'elle a toujours refusé d'être : une parfaite fille de Runway. On voit comme cela impacte sa vie sociale et les relations qu'elle entretient avec ses proches qui font de son mieux pour la soutenir, j'ai d'ailleurs eu un coup de cœur pour Alex. Andrea est souvent dans le déni (notamment par rapport à l'inquiétante attitude de sa meilleure amie) et on constate que son travail et Miranda la bouffent et que sa situation semble sans issue. Elle en vient à ne plus dormir, à ne plus manger, à ne plus vivre.

Ce roman m'a fait rire et je le conseille même à ceux qui, comme moi, sont réticents à l'idée de lire de la chick-lit Je pense qu'au-delà de faire de l'humour, la visée du livre est aussi de critiquer le milieu de la mode qui, s'il peut nous fasciner par certains aspects, nous dégoûte par d'autres aspects.
Une autre question se pose : la fin justifie-t-elle toujours les moyens ? Après cette agréable lecture, je dirai que non : atteindre ses objectifs à tout prix ne vaut pas la peine quand il y a trop à perdre.


C'est un 7/10.

Tome suivant: Vengeance en Prada - Le retour du Diable

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